
Témoignages de jeunes
Marwan | 16mbro
Est-ce que tu veux bien te présenter en quelques mots ?
Ouais. Moi, c'est Marwan Brault, j'ai 22 ans et je viens de Quimper. Ça fait six ans que je fais de la photo, et ça fait quatre ans que je photographie la scène artistique à Rennes, et plus largement en France. Mais Rennes, c'est mon point d'ancrage, là où je monte mes projets artistiques.
Tu dirais que c'est quoi ton plus gros projet à ce jour : celui qui t'a demandé le plus d'efforts, ou celui qui te tient le plus à cœur ?
Le plus gros, c'est l'exposition que j'ai faite en mai, l'expo Quidam. C'est une grosse expo qui retrace mes cinq dernières années de photos. J'avais privatisé un magasin : ça représentait beaucoup d'argent et beaucoup de temps investis. J'ai bossé dessus pendant deux mois, donc c'est vraiment le projet qui m'a demandé le plus d'énergie. Ce n'est pas mon préféré, mais c'est le plus gros.
Mon préféré, c'est Shotta 4 Humanity, un projet caritatif que j'ai organisé au 4bis en janvier 2026, il y a huit mois. Ça, c'était fort, j'en garde grave de bons souvenirs. Je suis content que tout le monde ait joué le jeu.
Sur Shotta 4 Humanity, sur Quidam ou sur d'autres projets, est-ce que tu as trouvé des points d'appui sur le territoire : des structures, des collectifs, ou juste des individus ?
Sur Shotta 4 Humanity, ce qui est bien, c'est qu'à Rennes, les gens sont assez soudés. J'ai pu rassembler tous les photographes rennais que j'aimais bien. J'étais à la tête du projet, mais tout le monde m'a aidé, m'a allégé le travail et a mis sa patte. Il y avait aussi l'association avec qui j'ai monté le projet, Bulles Solidaire, qui m'a beaucoup aidé.
Pour l'expo, par contre, j'avoue que j'étais plus ou moins tout seul. Je n'ai pas eu trop de soutien malgré toutes les demandes que j'ai faites, un peu parce que je suis dans une situation compliquée où je ne rentre pas forcément dans les cases pour obtenir des aides ou des financements. Donc sur l'expo, j'étais vraiment tout seul avec mes potes, mes potes d'enfance.
Mais ce qui est bien, c'est qu'à Rennes, il y a pas mal de jeunes qui tiennent des lieux. À l'époque, j'allais de temps en temps à l'Hôtel Pasteur quand je devais bosser. Quand j'ai sorti mon livre en 2024, c'est là que je stockais mes livres : ça me servait un peu de point relais. Il y a aussi les magasins, et des jeunes qui ouvrent des lieux comme Archives ou des studios. Ce sont des points d'ancrage : quand j'ai besoin d'un lieu physique pour bosser, je sais où aller. Et il y a le 4bis aussi évidemment.
Si tu devais imaginer un projet que tu aimerais vraiment monter dans la ville, seul ou en collectif, ce serait quoi ? Un projet rêvé, peut-être ?
Mon projet rêvé, c'est de faire une deuxième édition de Shotta 4 Humanity, mais en très grand cette fois-ci. Au 4bis, c'était une sorte de pilote pour voir comment les gens réagissaient. Le 4bis, c'est bien, parce que c'est un format assez petit qui permet de juger très vite si ça marche, et en même temps c'est central, bien situé. Ça m'a permis de poser de bonnes bases. Maintenant, j'aimerais vraiment le refaire en très grand format. Et là, pourquoi pas demander des aides à la Ville, ou investir un lieu comme L'Étage.
Il y a un lieu en particulier que tu aimerais investir ?
C'est ça, un lieu comme L'Étage. Il me faudrait un grand lieu, parce que j'ai envie de le faire dix fois plus grand.
Pour finir, parce que je trouve qu'il y a un lien : si tu imagines ce projet, est-ce que tu as envie de continuer à travailler avec Bulles Solidaire ? Est-ce que Shotta 4 Humanity t'a permis de créer un lien avec cette asso ?
J'ai bien aimé cette association, mais je pense que c'est important de varier. Si je refais le projet, je le ferais avec le Secours populaire, via l'antenne rennaise, pour rester dans le local. Je trouve ça intéressant de changer de cause aussi. La dernière édition était axée sur les personnes en situation de précarité. Là, j'aimerais bien la faire pour les enfants : soit pour des orphelinats, soit une collecte de jouets si ça tombe pendant Noël. Et le Secours populaire, c'est une grosse structure, donc ça apporte aussi une crédibilité supplémentaire. À Rennes, c'est parfois difficile de travailler avec des associations plus petites, tout simplement faute de moyens.
Cela dit, je suis content d'avoir pu vraiment aider Bulles Solidaire, et j'ai vu directement les retours. Souvent, quand tu fais des projets financés avec de l'argent, tu n'as pas trop de regard sur la façon dont les associations fonctionnent, et une partie de l'argent ne sert pas forcément aux actions concrètes. Là, c'était sous forme de dons, donc c'était un circuit court : je savais où ça allait, et je sais précisément quand tout a été distribué, sur trois mois. C'était vraiment bien.
Donc si je le refais, ce sera en plus grand, avec une structure mieux implantée, ce qui permet aussi de soutenir le projet sur le papier si je veux un espace plus grand.
Témoignage recueilli le 19 septembre 2026.
Hôtel Pasteur : https://www.hotelpasteur.fr/
Bulles Solidaires : https://www.bulles-solidaires.com/